Comment connaître la nature de son sol ?

Le sol est le support de culture des végétaux, définir sa nature est primordial pour en améliorer sa structure et avoir un beau jardin. Conseils pour connaître la nature de son sol.

Comment définir la nature de son sol ?

Le sol est le milieu dans lequel les végétaux développent leurs racines et trouvent une partie de la nourriture nécessaire à leur croissance. Prendre le temps de regarder ce qu’il se passe dans son jardin et connaître la nature exacte de son sol permet de mieux comprendre son fonctionnement et d’intervenir au bon moment en préventif ou en curatif. On optimise ainsi ses cultures pour profiter de belles floraisons et de récoltes opulentes.

De quoi est composé un sol ? 

Il faut plus de 1000 ans pour qu’un sol se constitue, mais seulement quelques années pour briser son bel équilibre par de mauvaises pratiques. Le sol est composé de plusieurs couches qui ont une grande influence sur ses caractéristiques et sur les cultures. Dans sa couche superficielle, le sol est composé de :

  • 10 à 40 % de gaz : azote, oxygène, gaz carbonique et vapeur d’eau
  •  10 à 40 % d’eau contenant des substances dissoutes
  • 35 % de composés minéraux 
  • 15 % de composés organiques 

Ces pourcentages (en volume) varient en fonction des types de sol et des conditions climatiques. 

Le sol est vivant. En effet, il contient une importante microfaune (à savoir l’ensemble des touts petits animaux présents dans un espace donné), des bactéries et des champignons dont le rôle est capital dans le processus de transformation de la matière organique. Constituant un équilibre biologique, ils stockent les éléments nutritifs et les rendent assimilables pour les plantes. Plus ils sont nombreux dans le sol, plus celui-ci sera fertile. Même s'ils sont très discrets, saviez-vous qu'il y a plus d'êtres vivants dans le sol que sur la planète terre ?

Le sous-sol (-1 m et +) a aussi son importance sur les caractéristiques de la couche superficielle et sur les cultures. S'il est compact et très argileux, il manque de drainage, est imperméable et asphyxiant. S'il est sableux et granuleux, il est perméable et a du mal à retenir les nutriments en cas de fortes pluies. Corriger la nature de la couche superficielle aide à améliorer celle du sous-sol au fil du temps, notamment grâce à l'action des vers de terre qui évoluent entre les deux milieux.

Connaître la nature de son sol par sa texture 

Il est assez aisé de définir par soi-même la nature de son sol ! Il suffit de réaliser le test dit du boudin en prélevant une poignée de terre et en la malaxant :

  • s’il est impossible de faire un boudin : la terre est sablonneuse ;
  • s’il est possible de faire un boudin sans pouvoir faire se rejoindre les 2 extrémités : la terre est limoneuse ;
  •  si l’on peut faire un anneau : la terre est argileuse.

Connaître la nature de son sol par sa couleur 

La couleur du sol nous offre également quelques indices sur sa nature :

  • Des teintes bleutées, verdâtres ou grises révèlent une terre gorgée d’eau quelques mois dans l’année de nature asphyxiante et imperméable. 
  • Une teinte brun foncé est le signe d'un sol riche en matière organique propice à de nombreuses cultures.
  • Une teinte noire évoque un sol de tourbières qui retient bien l'eau mais qui peut avoir une tendance acide. 
  • Une couleur claire définit un sol calcaire ou sableux qui est léger, facile à travailler et perméable mais qui retient mal l'eau et les éléments nutritifs.

connaître la nature de son sol par sa couleur

Connaître la nature de son sol grâce à une analyse 

Pour plus de facilité et de précision, une analyse en laboratoire spécialisé peut s’avérer très instructive sur la composition de la terre, sa texture, son pH (acide, neutre, basique), les éléments qui la composent et la présence d'une éventuelle source de pollution.

Cette analyse va déterminer en un premier temps, les éventuels éléments constituant un problème pour les cultures. Ensuite, elle permettra de conclure à  la meilleure manière d'améliorer le sol en y ajoutant les amendements adéquats afin de le rendre selon les cas, plus perméable, plus fertile et de corriger les éventuelles carences ou déséquilibres.

Il existe une analyse empirique facile à réaliser dans son jardin par l'observation de plantes 'bio-indicatrices' qu'il faut apprendre à connaître. Ces plantes s'installent spontanément sur des sols bien spécifiques. Par exemple, le mouron blanc indique un sol équilibré et riche, le pourpier un sol compacté et lessivé, le grand plantain, un sol gorgé d'eau une partie de l'année et donc asphyxiant, le chiendent, un sol chargé en nitrates et en potasse.   

Conclusion : Chaque sol a ses particularités selon sa nature originelle mais aussi selon les modes de cultures ou les diverses agressions qu'il a pu subir au fil du temps. Apprendre à le connaître, l'observer, prendre conscience de la vie qu'il abrite et le faire analyser constituent autant de moyens pour mieux le traiter et le rendre plus vivant.  Le jardinier doit s’adapter à son sol pour déterminer quels sont les végétaux qui y pousseront le mieux. Il est toutefois possible de modifier le milieu en remplaçant la terre existante. Par exemple, si l’on a une terre avec un pH basique mais que l’on souhaite quand même planter un rhododendron, il est recommandé de remplacer la terre par de la terre de bruyère. Au contraire, si l’on dispose d’une terre trop acide pour les végétaux que l’on souhaite y faire pousser, il est possible de relever le pH avec un amendement calcaire et magnésien. Par cette sélection positive et l'ajout d'amendements nécessaires à la vie du sol, il s'assure un jardin aussi productif que facile d'entretien.